Banques

L’IFC et Ecobank s’allient pour aider les PME des pays les plus pauvres

L’IFC, filiale de la Banque mondiale, et Ecobank, groupe bancaire panafricain, s’allient et partagent le risque en inaugurant un système de financement destiné aux PME des pays les plus défavorisés.

L’IFC, une filiale de la Banque mondiale, et Ecobank Transantional Incorporated, premier groupe financier africain à proposer des services bancaires complets, ont conjointement annoncé le 26 mai dernier la création d’un mécanisme financier de partage du risque entre les deux entités, afin de donner accès aux PME des pays d’Afrique centrale et de l’Ouest touchés par les conflits et la très grande pauvreté à un système de financement. Les pays concernés par ce nouveau mécanisme sont le Burundi, la Cote d’Ivoire, le Togo, la République Démocratique du Congo, la Guinée, le Mali et le Tchad. Ce sont 110 millions de dollars qui seront mis à disposition des entreprises de petite taille de ces pays en proie à des difficultés infrastructurelles, géopolitiques et humaines.

Une aide indispensable de la Banque mondiale

Jusqu’alors, il était extrêmement difficile pour un organisme régional seul de rentabiliser un tel type de financement : le risque de non-remboursement des emprunts de la part des petites entreprises, par nature déjà plus fragiles, est en effet beaucoup plus élevé dans ces zones où l’instabilité économique, sociale et politique est forte. « L’Ecobank demeure engagée dans le soutien aux petites et moyennes entreprises, et ce système contribuera grandement à donner aux PME des états fragiles ou sortant d’un conflit un accès au financement dont elles ont besoin », a déclaré Albert Essien, PDG du groupe Ecobank. C’est bien le partage a même hauteur du risque avec l’IFC qui a rendu possible l’établissement d’un tel système.

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Une collaboration déjà bien rodée

L’IFC et Ecobank ont déjà un long passé de collaboration derrière elles. Ces deux institutions travaillent ensemble sur des opérations innovantes de financement du développement privé dans l’Afrique sub-saharienne depuis 1993. Elles ont tout récemment mis en place un fonds d’urgence en réponse à la crise suscitée par Ebola au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone. L’IFC, de par sa structure subventionnée au niveau mondial, aide Ecobank à affronter le risque de financer des projets fortement risqués, et Ecobank constitue quant à elle le relais local idéal pour assister l’IFC dans sa vocation d’aide au développement privé.

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Faire revenir les pays en difficulté dans un cercle vertueux

Le but du système en question est évidemment de favoriser le retour ou même l’accession des pays les plus fragiles à la croissance et à la prospérité, en commençant par le réseau de micro-entrepreneurs qui constituent le tissu fondamental de ces économies locales. La première urgence consiste à leur permettre d’affronter la situation de crise traversée par leur environnement local, rembourser leurs dettes et rebâtir un stock, un outil de travail leur permettant de poursuivre leur activité. Par la suite, la finalité est bien entendu de faire entrer ces économies dans un cercle vertueux de croissance, d’emploi et d’enrichissement de la base populaire, lesquels pourront susciter à leur tour une meilleure stabilité politique, sanitaire et sociale.

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