Transports

Perturbations financières pour Kenya Airways

Les investissements agressifs de Kenya Airways, une des plus grosses compagnies aériennes d’Afrique rendent ses dettes ingérables et oblige le gouvernement kényan a venir a sa rescousse pour l’ aider a reprendre de l’altitude.

Kenya Airways est la compagnie aérienne nationale du Kenya depuis 1977. À ses débuts, elle était une société publique, mais en 1996, elle fut privatisée en devenant la première compagnie aérienne d’Afrique à réussir cette transition. L’état kényan reste tout de même l’actionnaire majoritaire avec presque 30 % du capital suivi de KLM qui en possède près de 27 %.

Depuis sa création et jusqu’en 2014, le groupe n’a cessé de croître pour arriver à une flotte de 47 avions. Peut-être que cette croissance nourrit par une augmentation de la demande de vols transafricains a été trop optimiste. Entre 2012 et 2014, la flotte a augmenté de 13 avions mais la compagnie a enregistré des pertes en 2013 et 2014. Le problème principal ne réside pas dans les résultats des derniers bilans mais dans l’endettement de la compagnie.

VOIR AUSSI  Les aéroports sud-africains, les meilleurs du continent

Kenya Airways : un passif trop lourd

Avoir acheté autant d’avions a considérablement augmenté les dettes de Kenya Airways. Entre 2012 et 2014, son passif à court terme a grimpé de 502 millions d’euros. En misant sur une croissance énorme du marché, Kenya Airways a fait exploser sa dette et, dans les conditions actuels du marché, elle ne peut plus la rembourser.

Monsieur Mbuvi Ngunze, le directeur depuis novembre 2014 est confronté aujourd’hui à des problèmes de trésorerie importants. « Comment je vais payer mes employés dans un contexte financier aussi difficile, c’est simple, je vais emprunter de l’argent pour le faire ». Ne pas payer ses employés reviendrait à mettre la clef sous la porte et ce n’est pas envisageable pour une société de cette importance.

Refus de Kenya Airways d’alléger ses charges salariales

Plusieurs hypothèses ont été avancées quant aux raisons d’un tel endettement. La plus simple : le marché du transport intérieur africain est en baisse dû à l’épidémie d’Ebola qui a éclaté en 2014. Certains observateurs ne pensent pas que cela suffise pour expliquer la situation et avancent que le refus du transporteur d’alléger ses charges salariales est une cause majeure du problème.

VOIR AUSSI  Stephen Saad: entrepreneur de l'année aux All Africa Business Leaders Awards

Les solutions ne sont pas évidentes et il faudra du temps. La compagnie peut tenter de réduire ses coûts opérationnels et se séparer d’une partie de son personnel mais cela ne réglera pas le problème de fond, celui de son endettement. Le transporteur a décidé d’engager Seabury Team, une agence de conseil spécialisée dans la restructuration et la stratégie des compagnies aériennes. Plusieurs groupes financiers inconnus pour le moment ont décidé de restructurer les emprunts à court terme de 365 millions d’euros. En addition le gouvernement kenyan a accordé un prêt de 38 millions d’euros pour éviter la faillite.

Le vol vers la guérison sera long et difficile mais, dans la tour de contrôle, le gouvernement veille !

Laisser un commentaire