Transports

Uber réussira-t-il à s’implanter en Afrique ?

Plus de six années après avoir été lancée aux Etats-Unis, la société Uber est déjà partie à l’assaut de plusieurs grandes villes européennes. La société américaine de mise en relation entre chauffeurs et utilisateurs se lance désormais à la conquête du continent africain. Non sans mal…

Uber a déjà posé ses jalons dans quelques grandes villes d’Afrique, parmi lesquelles Nairobi, Le Cap, Johannesburg, Lagos, Le Caire. Mais si la plateforme américaine parvient tant bien que mal à s’imposer en Europe (malgré les protestations de taxis traditionnels dans certains pays, comme en France), son implantation sur notre continent semble semée d’embûches.

Uber doit se faire une place parmi de nombreux concurrents

uber taxi afrique continent noirAu Nigéria, Uber a lancé son application en juillet 2014, mais un an plus tard, la plateforme californienne n’a toujours pas réussi à atteindre la capitale du pays, malgré ses offres de VTC (voiture de transport avec chauffeur). Parmi ses concurrents, Easy Taxi, une référence en matière de services de taxis en ligne en Amérique latine, qui s’est implanté en Egypte, au Nigeria, au Kenya et au Ghana.

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Uber se trouve également confrontée au réseautage. En effet, les usagers préfèrent prendre un taxi qu’ils connaissent ou qu’on leur recommande. Certains des concurrents d’Uber ont su adapter leurs services de taxis en ligne aux réalités locales. Ainsi, Maramoja, lancée au Kenya, table sur le rapport de confiance entre l’utilisateur de l’application et le chauffeur de taxi. Concrètement, chaque chauffeur de taxi inscrit se voit attribuer une cote de confiance. Plus celle-ci est élevée, plus elle inspire confiance, et plus tel ou tel chauffeur a des chances d’être sollicité par les usagers.

Encore des améliorations à apporter à Uber

Certains usagers ont déjà déploré le fait que le mode de paiement proposé par Uber ne soit pas adapté. En effet, il nécessite une carte bancaire, laquelle doit être enregistrée sur son compte préalablement au premier règlement.

maramoja uber afrique taxiContrairement à la société américaine, son concurrent kényan Maramoja a su adapter le mode de paiement aux réalités locales, et les utilisateurs peuvent régler la course en espèce, par carte bancaire ou encore, par paiement mobile. A noter que le paiement mobile est utilisé par la moitié de la population kényane, ainsi que par bon nombre de personnes dans d’autres pays du continent, afin d’envoyer de l’argent, de recevoir son salaire mensuel et de payer ses factures. Easy Taxi, le principal concurrent d’Uber en Afrique, accepte également les règlements en espèces.

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Sur le continent africain, Uber s’adresse jusqu’à présent aux personnes appartenant à la classe moyenne qui vivent dans des grandes villes et qui sont détentrices d’une carte bancaire. Si Uber veut s’étendre au-delà de ce public, elle doit rapidement parvenir à un accord avec les services de paiement mobile du continent, afin d’espérer pouvoir rattraper ses concurrents.

Faute d’être en phase avec les réalités locales, Uber peine véritablement à s’implanter sur le continent africain. Il va lui falloir passer la deuxième…

 

Photos : 3news.co.nz et disrupt-africa.com

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