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Des déchets comme combustible domestique durable : le défi d’AEST !

L’entreprise sociale ougandaise Appropriate Energy Saving Technologies (AEST) qui vient de recevoir le prix de la jeune entreprise africaine, s’apprête à révolutionner le combustible durable en Ouganda avec des briquettes à base de peau d’arachide.

Soucieuse de l’environnement, Betty Ikalany se souvient des femmes de son village allant marcher des kilomètres à la recherche de combustible domestique. En voyant des gens couper les arbres sans en replanter lui vient alors l’idée de créer un fioul domestique propre et abordable.

aest continent noir 2Elle imagine recycler des déchets agricoles pour fabriquer des briquettes de charbon de bois en tant que source alternative et propre de combustible pour la cuisine. Les briquettes sont fabriquées à base de peau d’arachide par son entreprise sociale Appropriate Energy Saving Technologies (AEST) Ltd, fondée et dirigée par des femmes. Elles sont ensuite revendues aux particuliers qui n’ont plus qu’à les brûler pour préparer leurs repas.

L’invention ingénieuse de Betty Ikalany est un purificateur d’air avéré au sein des maisons ougandaises. Rappelons que, dans une publication du 12 novembre 2014 (source), l’OMS recommande l’abandon du charbon et du kérosène pour les combustibles domestiques. 4,3 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à la pollution à l’intérieur de leur domicile. Accidents vasculaires cérébraux, pneumonies et cancers sont les principales causes des décès liés à ce type de pollution.

Une alternative au bois des créations d’emplois

De surcroît, AEST protège la nature en suggérant une alternative au bois pour diminuer les effets du changement climatique. Enfin, l’entreprise sociale permet la création d’emplois pour les membres de la communauté. Cela à différents niveaux de la chaîne de production.

A long terme, AEST souhaite se doter de meilleures machines pour améliorer la production et le séchage de briquettes, accroître la superficie de séchage et perfectionner la chaîne de livraison et de répartition des micro-entrepreneurs. Pour cela, elle a besoin de capitaux pour se procurer de nouvelles machines plus commodes.

Mais tout cela n’est pas si simple et elle rencontre beaucoup de sceptiques…notamment chez les banquiers ! Ainsi pour illustrer les difficultés financières rencontrées, Betty Ikalany aime à rappeler ce que leur a répondu un banquier à qui elle demandait un prêt: « Comment pouvons-nous être sûrs que les déchets que vous recyclez pourront nous rembourser si nous vous prêtons de l’argent? »(source). Peut-être qu’avec son prix de la jeune entreprise africaine, les investisseurs seront plus convaincus.

Pallier les besoins de 10 000 foyers et 1 000 institutions

Betty 200x200Betty Ikalany espère responsabiliser les femmes et les jeunes filles en leur aidant à gagner du temps pour l’école et d’autres activités grâce à l’accès amélioré à un combustible abordable. Dans cinq ans, elle aimerait générer des bénéfices. Son aspiration d’ici à 2020 est de pallier les besoins de 10 000 foyers et 1 000 institutions en Ouganda avec une extension possible aux autres pays d’Afrique de l’Est. C’est tout le mal que nous souhaitons à AEST, sa créatrice et son équipe! Chère betty Ikalany, nous avons seulement deux questions : est-ce que d’autres entrepreneurs peuvent utiliser votre procédé sur un autre marché (quid du brevet)? A quand un site Internet pour permettre de voir la progression et le succès de votre mission? Cela peut finir de convaincre beaucoup d’investisseurs!

Sources des photos : aljci.org et d-lab.mit.edu

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