Mines et fossiles

Erythrée : l’exploitation minière pour sortir du tunnel

Pour sortir d’une situation économique qui peine à décoller, plombée par un conflit militaire et politique avec l’Ethiopie, le gouvernement érythréen mise sur l’exploitation minière. C’est ainsi que Alem Kibreab, le directeur général du département des mines, a annoncé le projet de construction de 4 mines en 2 ans.

« En 2018, nous aurons quatre sociétés minières, » annonçait dernièrement avec un optimisme non dissimulé Alem Kibreab, en ajoutant que : « L’Érythrée a beaucoup de potentiels et notre pays offre de bonnes conditions pour attirer les investisseurs ».

Cuivre, or, pétrole, gaz, potasse, fer, zinc dans le sol érythréen

Pourtant depuis son indépendance acquise en 1993 après un long conflit armé de 30 ans avec la République fédérale démocratique d’Éthiopie de 1961 à 1991, le tout jeune pays situé sur la corne de l’Afrique peine à sortir d’une situation économique difficile et n’arrivent pas attirer les investisseurs. Aujourd’hui encore des flots d’Érythréens fuient la misère et la dictature grossissant les rangs des migrants clandestins qui veulent rejoindre l’Europe. Il est donc urgent pour le président Issayas Afewerki de trouver des solutions.

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erythree mine bisha continent noirC’est ainsi qu’il mise sur les ressources inexploitées du pays. En effet dans le sous-sol de ce petit pays de 121 320 km2, se trouvent cuivre, or, pétrole, gaz, potasse, fer ou encore zinc. Notamment dans la zone du désert de Nubie le long de la mer Rouge au nord. Longtemps à l’état d’artisanat, on ne compte aujourd’hui qu’une mine d’extraction digne de ce nom : la mine Bisha (photo) dans le nord de l’Érythrée, un partenariat entre la société canadienne Nevsun Resources et l’entreprise minière d’État ENAMCO. Une situation qui devrait donc changer et prendre une nouvelle ampleur avec la création annoncée de 4 mines d’exploitation d’ici 2018.

Une mine d’or opérationnelle dès la fin mars

Ces 4 mines seront axées sur l’extraction d’or, de cuivre de zinc et de potasse. Programme ambitieux ? Peut-être mais déjà dès la fin mars, une nouvelle mine d’or, une joint-venture avec une entreprise chinoise, commencera sa production commerciale. Cette ouverture sera suivie par celle d’une autre qui produira du cuivre, du zinc et de l’or. Elle devrait sortir du sol ces premiers précieux minéraux d’ici la fin 2017. Puis, enfin, la création d’une mine de potasse viendra clore la première étape du plan de Kibreab.

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Cependant la baisse des prix sur le marché, les dénonciations de Human Rights Watch quant à la situation de travail des mineurs, une corruption qui sévit dans cette dictature militaire et totalitaire à parti unique et qui sera surement encourager par ce nouveau flux de richesse, risquent, peut-être, de freiner les velléités des éventuels investisseurs. Comme le disent certains experts : « S’il est vrai que l’exploitation des nombreuses richesses du sol africain reste la solution aisée pour sortir de la crise économique, elle doit aussi s’accompagner d’un programme économique global ». Une voie à creuser pour sortir du tunnel !

Sources des images : business-humanrights.org

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