Politique

L’Afrique se tourne vers le FMI pour lutter contre la crise du pétrole

Suite à la chute du prix du pétrole et des matières premières, l’Afrique recherche des solutions notamment en se tournant vers le FMI. Dernier pays en date à demander un programme d’aide au Fonds monétaire international : l’Angola. Le pays rejoint la longue liste des Etats africains lui réclamant une aide.

Depuis quelques temps, l’économie angolaise subie de plein fouet la chute des prix du pétrole. Tant bien qu’il est aujourd’hui obligé de se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI) pour trouver une issu. Effectivement selon une estimation, la nation ouest-africaine est confrontée à un déficit de 8 milliards de dollars, soit 9 % de son produit intérieur brut.

L’Angola est l’un des nombreux pays africains à court d’argent qui se tournent vers le FMI suite à la baisse des matières premières comme le pétrole et les minéraux. Avant lui en 2015, Le Ghana a accepté un plan d’aide. Ce dernier était le premier plan organisé par le FMI en six ans.

Mais l’Angola et le Ghana ne sont pas les seuls. Ainsi La Zambie est également en pourparlers avec le FMI afin de définir ce qui serait son premier plan d’aide depuis 2008. Le Zimbabwe a aussi fait une demande à l’organisation pour obtenir son premier prêt en deux décennies.

Pendant ce temps, le FMI a accepté un prêt de 55 millions de dollars au Mozambique après avoir découvert le pays avait omis de déclarer 1 milliard de dollars de prêts qu’elle doit. Et aujourd’hui ce sont les deux géants de l’économie africaine, l’Afrique du Sud et le Nigeria, qui vont également être contraints de se tourner vers le FMI dans leur lutte contre cette crise.

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L’Angola doit faire face à son déficit

fmi afrique petrole 2Cette demande de l’Angola est autant surprenante que Luanda avait affirmé à plusieurs reprises qu’elle ne se tournerait pas vers le FMI pour lutter contre sa crise critiquant le fait que cette aide est soumise à de trop nombreuses conditions qui lui semblaient, à l’époque, inacceptables.

Mais les réserves du pays ont baissé, les prix du pétrole sont restés en dessous de 45 $ le baril et le gouvernement est réticent à réduire les services à l’avance des élections en 2017. Le pétrole représente 95 % des exportations de l’Angola et environ la moitié des revenus du pays. En plus de cette crise pétrolière, le pays a subi un désengagement de la Chine dans son économie. L’Empire du milieu doit affronter ses propres problèmes économiques et par conséquent investit de moins en moins en Afrique.

L’agence monétaire exige la transparence

En échange de l’aide du FMI, le gouvernement angolais est susceptible d’être forcé à être plus transparent sur ses opérations financières. D’autant plus que l’agence internationale scrute généralement les finances des pays qu’elle aide.

Et cela pourrait déboucher sur une critique de la gestion économique de l’Angola et donc de la présidence de José Eduardo dos Santos, qui a gouverné le pays pendant plus de trois décennies.

Alors que la moitié de la population du pays subsiste sur un peu plus de 1 $ par jour, la fille de Dos Santos, Isabel dos Santos, est la femme la plus riche en Afrique ce qui donne lieu à des soupçons sur l’origine de sa richesse même si l’intéressée nie évidemment avoir utilisé l’argent de l’État pour s’enrichir. Malgré cela « Le FMI est prêt à aider l’Angola à relever les défis économiques » a déclaré dans un communiqué, Min Zhu, le directeur général adjoint du FMI.

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L’Angola n’est évidemment le pas le seul pays à se tourner vers le FMI. Le Ghana, producteur de pétrole et de l’or, a reçu 918 millions de dollars en trois ans. Une aide vitale car le pays a vu la valeur de ses exportations de pétrole brut être réduit de moitié entre 2014 et 2015, tombant à 1,5 million $ au cours des trois premiers trimestres de l’année dernière. Les exportations d’or ont chuté de près d’un tiers à 2,4 millions de dollars.

En décembre, le FMI a également convenu d’un prêt 283 millions de dollars pour le Mozambique que nécessaire la nation sud-africaine de divulguer la totalité de son emprunt. Le Mozambique, producteur de gaz naturel, a vu les exportations baisser de 14 % en 2015. Autre pays touché : la Zambie. Le deuxième plus grand producteur de cuivre de l’Afrique a accusé un déficit de 8 % de son produit intérieur brut en 2015 et cherche également l’aide du FMI.

Le Zimbabwe attend également un prêt du FMI qui devrait arriver au cours du troisième trimestre de cette année. En plus de l’aide du FMI, la Banque mondiale a déclaré qu’elle prévoit de prêter jusqu’à 25 milliards de dollars cette année aux pays durement touchés par la chute des prix des matières premières.

Sources des photos : lemonde.fr

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