Entreprendre

Andrew Mupuya : pas encore 25 ans et déjà entrepreneur primé

Lorsque le magazine Forbes vous liste comme l’un des trente jeunes entrepreneurs les plus prometteurs en Afrique, c’est que vous devez avoir un don pour les affaires. C’est le cas d’Andrew Mupuya, qui a été nommé parmi les «30 de moins de 30 ans» par le magazine américain Forbes 2013 et 2016. La liste met en lumière les entrepreneurs de moins de 30 ans qui sont sur la voie de réaliser de grandes choses dans des secteurs importants. Étonnamment, Mupuya a déjà été en affaires pendant 8 ans alors qu’il n’a encore que 24 ans!

D’humbles débuts pour Andrew Mupuya

Andrew Mupuya est né dans le district de Manafwa, dans l’est de l’Ouganda. Il est membre d’une famille nombreuse disposant de peu de revenus. La famille de Mupuya a lutté pour acheter des vêtements pour lui et ses frères et sœurs, et s’il a seulement pu aller à l’école, c’est uniquement grâce à l’aide de bourses accordées par l’État.

Le milieu modeste dans lequel il a évolué ne le prédestinait pas à entrer dans le monde des affaires, mais cela a aidé Mupuya à favoriser une éthique du travail et à forger sa détermination.

2008 a été une année charnière pour lui. C’est une succession de malheurs familiaux et de nouvelles mesures gouvernementales qui ont poussé Mupuya à se lancer dans les affaires. Les deux parents de Mupuya ont perdu leur emploi, rendant leur situation financière de plus en plus précaire, et à seulement 16 ans, Andrew a réalisé qu’il avait besoin de les aider à les soulager dans la prise en charge de la famille. Dans le même temps, le gouvernement ougandais a interdit l’utilisation de sacs en plastique en raison des dommages environnementaux qu’ils causaient, et c’est à ce moment que le jeune entrepreneur a vu une ouverture.

VOIR AUSSI  Grande distribution : le top 10 des marchés africains les plus prometteurs

Mupuya mène alors une étude de faisabilité pour son nouveau projet. Il réalise des études de marché autour des magasins de détail, des kiosques, des supermarchés autour de Kampala et découvre qu’il y a un besoin et un marché potentiel pour les sacs en papier.

Selon ses calculs, Mupuya n’a besoin que de 14 $ environ pour lancer une petite entreprise de fabrication de sacs en papier. Il a donc recueilli 70 kilos de bouteilles en plastique qu’il a vendues à une usine de recyclage pour 11 $. Il monte son entreprise, qu’il nomme, « Sacs en papier YELI » (Youth Entrepreneurial Link Investments), et grossit de plus en plus.

Un succès primé

Non seulement la société a réussi à prendre forme dans un court laps de temps, mais elle a également été la première entreprise enregistrée en Ouganda pour la production de sacs en papier. En 2012, à tout juste 21 ans, Mupuya est mis en avant par le prestigieux prix Anzisha pour les jeunes entrepreneurs en Afrique. Malgré la concurrence féroce, Mupuya remporte le prix, et les $ 30.000 qui l’accompagnent, qu’il réinvestit immédiatement dans le développement de son entreprise.

VOIR AUSSI  Attijariwafa Bank se tourne vers l’Égypte

À seulement 24 ans, Mupuya a déjà fait partie deux fois de la liste du magazine Forbes des 30 entrepreneurs africains âgés de moins de 30 ans à surveiller. Les sacs en papier YELI produisent actuellement environ 20 000 sacs en papier par semaine et emploient 16 personnes en Ouganda. Depuis qu’il a commencé ses affaires, Mupuya a supervisé la production qui dépasse 5,6 millions de sacs, qui ont été vendus localement, à des pays voisins comme le Kenya, et même jusqu’aux États-Unis et en Norvège.

Andrew Mupuya s’est peu à peu fait une place au sein des entrepreneurs africains et a obtenu la reconnaissance de ses pairs, ce à quoi il répond en déclarant : «Les prix que j’ai remportés me donnent le courage de poursuivre mes affaires.»

Ce qu’apprécient les Ougandais dans le travail de Mupuya, c’est que non seulement le jeune homme veut créer plus de nouvelles opportunités économiques et écologiques dans son pays d’origine, mais il cherche également à faire bénéficier de son expérience à l’ensemble du continent.

Mupuya explique qu’il a beaucoup de grandes ambitions pour YELI, en déclarant: «ma vision est d’avoir une Afrique plus propre en éradiquant l’utilisation de sacs en plastique … Je rêve d’avoir une grande usine où je sois en mesure de fournir des sacs en papier partout en Afrique … donc je pense que ce n’est que le début. »

Sources des images : cnn.com

Laisser un commentaire