Mines et fossiles

Crise du secteur minier en Afrique du Sud : Gouvernement et groupes miniers dos à dos !

Grâce à son sous-sol, le pays de Nelson Mandela possède 90% des réserves mondiales de platine, 73% de celles de chrome, et 75% de manganèse d’après les chiffres publiés dans l’article « Les mines sud-africaines, miroir d’une économie à la dérive » écrit par Laurent Ribadeau-Dumas. Ainsi, le secteur minier constitue l’une des principales sources de devises du pays. Mais depuis quelques mois, ce secteur en marge de la chute des cours est à la base d’un conflit entre gouvernement et industriels miniers. La conférence mondiale Mining Indaba annuellement consacrée aux intérêts miniers en Afrique a été le 02 février dernier, théâtre d’incidents entre les 02 parties.

Les reproches du camp des exploitants miniers

D.R. Robin Godefrifi 189027

D.R. Robin Godefrifi 189027

Le secteur minier sud-africain subit depuis quelques années, des régulations fluctuantes et des fermetures de sites jugées « arbitraires » par les principaux acteurs miniers. Pour preuve, on peut citer la poursuite du gouvernement devant les tribunaux sud-africains par le groupe Sibanye réclamant un dédommagement de 26 millions de rands pour préjudice subit lors de la fermeture par l’Etat de son entreprise minière suite à un accident mortel en septembre 2016. Symbole du conflit entre l’Etat et l’industrie minière, le PDG de ce groupe Noel Froneman n’a pas hésité à déclarer que cette crise était le fait de la mauvaise gouvernance du pouvoir en place.

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Selon l’article « En Afrique du sud le politique est en conflit avec le secteur minier » publié sur Orobel.biz le 26/09/16, ce dernier aurait déclaré : «Tout investisseurs sérieux de toutes entreprise sérieuse est fondé sur une gouvernance bonne et solide, ce que le gouvernement sud-africain actuel ne fournit pas ».  Un autre exemple de ce bras de fer entre Gouvernement et groupes miniers renvoie à l’affaire AngloGold Ashanti dans laquelle le Gouvernement a été débouté par un tribunal pour excès de zèle dans la suspension intégrale d’un site.

Cette tension que vit l’industrie minière sud-africaine a été visible lors de la conférence mondiale Mining Indaba du 02 février 2017 au Cap  à travers les propos des acteurs impliqués.  En effet, répondant du tac au tac à la déclaration rassurante du Ministre des mines Mosenbenzi Zwane « Nous sommes un pays ouvert au business », Noel Froneman a contre attaqué en disant que « les perspectives d’investissement sont vraiment négatives » selon l’article « Crise ouverte entre l’Afrique du Sud et les groupes miniers » publié sur Le Monde.fr.

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La fermeté du gouvernement sud-africain

C’est une position ferme qu’adopte le pouvoir gouvernemental face aux doléances des industriels miniers. Le Ministre des mines a déclaré au cours du sommet que « le gouvernement ne transigera pas avec les exigences de sécurité, n’en déplaise aux compagnies minières et à leurs menaces judiciaires ». Le ministre justifia cette position par l’urgence de sécuriser l’activité minière ayant enregistré 69 morts en 2015 et 73 en 2016.

La Charte de tous les espoirs ?

Exploitation Mines

D.R. Bert Vanhees 214472

La principale porte de sortie de cette crise est l’instauration d’un cadre légal stable et clair. À cet effet, l’adoption d’une nouvelle charte minière est en préparation, même si les industriels regrettent de n’avoir pas été consultés.

Il est souhaitable que l’adoption de cette charte soit inclusive pour apaiser des tensions qui selon l’article « le secteur minier, poumon économique de l’Afrique du Sud » Huffingtonpost.ca,affectent un secteur qui représentait en 2012 9% du PIB voire 19% si on inclut les activités connexes.

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