Mines et fossiles

Guinée : sale temps pour les sociétés minières chinoises

Surnommée ‘’scandale géologique’’, la Guinée devait profiter de sa richesse en bauxite pour amorcer son développement économique. Cependant les derniers incidents enregistrés dans la ville de Boké prouvent hélas que le pays est encore loin de ce cap. En effet, appauvrissement, pollution et autres dégâts sociaux imputables aux sociétés minières chinoises continuent de précariser les conditions sociales des populations.

 

Une précarité aggravée par les exploitants miniers chinois

La guinée fait partie des pays riche en bauxite. A en croire les estimations publiées par Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Guin%C3%A9e), le sous-sol guinéen détiendrait environ les 2/3 des réserves mondiales en bauxite, soit 25 milliards de tonnes selon Jeune Afrique dans son article ‘’La bauxite guinéenne résiste’’ écrit par Christophe Le Bec le 03 février 2016. Cette réserve importante en bauxite devrait suffire à transformer la Guinée. Mais plus de 50 ans après, l’attente se fait toujours persistante quant aux retombées de cette manne.

Depuis l’avènement des compagnies chinoises, la précarité ambiante, le chômage galopant et la pollution environnementale sont courants. Ce lot de dégâts que vivent au quotidien les populations de Boké d’ordinaires calmes et paisibles, est à l’origine de leurs soulèvements sociaux. Allant plus loin dans la manifestation de leur mécontentement, les habitants de Boké désignent pour responsable de leur malheur la Société minière de Boké (SMB) en charge de l’exploitation des mines de bauxite dans la localité. Cette dernière appartient à un consortium détenu par deux entreprises chinoises que sont Winning Shipping Ltd et Shandong Weigiao, une filiale du groupe Hongqiao.

Source: rfi.fr

Un lot de désagréments sociaux

VOIR AUSSI  Tiguidanke Mounir Camara : des Runways à la Mine

Comme reproches, les guinéens dénoncent des conditions de travail insupportables, des salaires dérisoires, la pollution, la dégradation de l’environnement et les coupures intempestives d’eau et d’électricité. Les populations de Boké se plaignent également du fait que la principale route qui désenclave la ville soit monopolisée par l’encombrement des camions de transport de bauxite, lesquels roulent à vive allure et répandent de la poussière toxique sur les habitats et champs avoisinants. Mais s’il y a une situation ayant déclenché la contestation générale, c’est bien l’incident du 24 avril 2017. En effet, l’un des véhicules des entreprises chinoises d’exploitation minière a tué un conducteur de moto en le percutant. Ayant ras le bol, les populations ont incendié les lieux, posé des barricades et sont allées jusqu’à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

VOIR AUSSI  RDC : redécouper les régions pour booster les revenus miniers

Le rappel à l’ordre

Le président Alpha Condé au cours du cinquième symposium sur les mines guinéennes le 09 mai 2017 a eu à rappeler les entreprises minières chinoises à l’ordre en déclarant : « Il n’est pas normal que certaines sociétés minières continuent de faire rouler des camions avec beaucoup de poussière, c’est contraire au principe de bonne gouvernance qu’est la protection de l’environnement » d’après l’article ‘’Guinée : les sociétés minières chinoises de moins en moins tolérées ?’’, écrit le 24 juin 2017 par Laurent Diawara pour afrik.com.

Il aurait même exhorté les exploitants à construire sur place des usines de transformation en disant : « à partir d’une certaine quantité de production, il faut nécessairement construire une usine d’alumine ». Ces déclarations font suite à l’adoption d’un mémorandum signé entre différents acteurs guinéens le 27 avril dernier, invitant les compagnies chinoises à certaines mesures réparatrices comme la fourniture d’eau et d’électricité sans interruption, le respect de l’environnement, la construction d’une route de contournement de Boké au profit des camions ainsi que l’installation d’infrastructures sociales etc.

Les mois à venir nous permettront d’apprécier le traitement que feront les entreprises minières chinoises de ces doléances.

Laisser un commentaire