Politique

Jacob Zuma : qui pour lui succéder à la tête de l’ANC ?

À la veille des élections de 2019, l’heure est aux préparatifs pour la désignation d’un nouveau leader devant conduire l’ANC à la bataille présidentielle.En effet, en assemblée depuis quelques jours, le parti de Nelson Mandela doit définir une nouvelle orientation et surtout trancher entre deux blocs irréconciliables.

Une conférence politique pour préparer la succession de Zuma

Réunis en conclave depuis le 30 juin 2017, les 4000 délégués de l’ANC doivent pendant 07 jours déterminer les grandes orientations stratégiques du parti. Cette rencontre décisive prend alors des allures de batailles car l’icône politique de la nation arc en ciel se trouve divisée entre Pro-Zuma et Anti-Zuma et le choix du chef du parti entre ces deux factions éclipse tous les autres sujets d’actualité.

Si le second mandat du président Jacob Zuma court jusqu’aux prochaines élections générales devant se tenir en mai 2019, l’ANC compte anticiper en se désignant un nouveau chef dès décembre 2017 pour tenir les rênes du parti au cours de l’élection présidentielle à venir.

Vers le duel Dlamani Zuma-Cyril Ramaphosa

Cyril Ramaphosa
(Source: http://geotribune.com)

Le duel des candidats qui se profile à la tête de l’ANC se traduit beaucoup plus comme un référendum sur la personne du président sud-africain Jacob Zuma. En effet, il y a d’un côté le bloc formé par ceux qui l’adoubent polarisé autour de son ex-femme, l’expérimentée Nkosana Dlamani-Zuma âgée de 68 ans. Pour les détracteurs de Jacob Zuma, son ex-femme est perçue comme celle qui continuera à défendre les intérêts du président sortant et surtout celle qui lui permettrad’être à l’abri d’éventuelles poursuites judiciaires.

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De l’autre côté dans le camp adverse, il y a les partisans du vice-président Cyril Ramaphosa. A la tête des frondeurs de l’ANC, l’homme de 64 ans est un grand syndicaliste ayant par la suite fait ses preuves dans le monde des affaires. Pour tous les partisans déçus des nombreux scandales de corruption ayant plombé le second mandat de Zuma, Ramaphosa représente une alternative crédible. Véritable figure de l’aile anti-corruption de l’ANC, cet homme aux propos modérés d’habitude n’hésite plus à afficher publiquement son ras le bol de la gestion critique du clan Zuma.

Sur le dernier scandale « GuptaLeaks » révélant la prise en otage des intérêts de l’Etat par la richissime famille indienne Gupta jugée proche de Zuma, Cyril Ramaphosa déclare dans l’article ‘’Qui peut remplacer Jacob Zuma à la tête de l’ANC ?’’, publié par Adrien Barbier sur lemonde.fr : « Notre mouvement va mal, le pays va mal. Nous avons beaucoup de ressources, mais plusieurs mauvaises personnes à des postes clés ».

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L’appel à l’unité de Jacob Zuma

Tel un père soucieux de l’unité des membres de sa famille, Zuma appelle à l’union des deux factions. En effet, lors de son discours du 05 juillet 2017, le président Zuma a martelé : « Ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise » selon l’article ‘’Afrique du Sud : le président Jacob Zuma appelle à l’unité au sein de l’ANC’’ publié par RFI sur son site internet. Allant plus loin, Zuma invite les deux factions à travailler ensemble lorsqu’il déclare : « Si l’un des camarades gagne, ne nous débarrassons pas de celui qui a perdu. Celui-ci peut devenir son adjoint. Avec ce système, les deux factions travailleront ensemble. ».

Il reste à espérer que les deux parties trouvent effectivement un accord afin de consolider les bases de l’ANC qui a perdu assez d’électeurs ces dernières années.

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