Politique

Kenya : Effondrement d’un pont construit par les chinois juste avant sa mise en service

En pleine campagne présidentielle pour sa réélection, Uhuru Kenyatta doit faire face à un incident qui risque de mettre à mal sa gouvernance et apporter du grain à moudre au moulin de l’opposition. Il s’agit de l’effondrement le 26 juin dernier d’un pont construit par les chinois à quelques jours de son inauguration.

Un projet cher au président Kenyatta

L’édifice dont l’affaissement défraie la chronique au Kenya actuellement est le pont Sigiri en cours de construction par une entreprise chinoise. Commandité par le président Uhuru Kenyatta, cet ouvrage coûte la somme de 1,2 milliard de shillings, soit environ 10 millions d’euros. Situé dans l’ouest du pays, le pont Sigiri s’est écroulé le 26 juin 2017, deux semaines à peine après la visite du chantier par le président kenyan. Ce dernier en pleine campagne pour sa réélection à l’élection présidentielle d’août 2017 martèle sans cesse à chacun de ses meetings l’importance accordée par son équipe gouvernementale aux infrastructures de qualité à l’instar de la nouvelle ligne ferroviaire mise en œuvre pour rallier la capitale Nairobi au port de Mombasa.

Le pont qui vient de chuter faisant au passage 27 blessés parmi les ouvriers, est un projet qui tenait à cœur au président Uhuru. En effet, sa construction est née d’une promesse faite par le président aux habitants du comté de Busia près de la frontière ougandaise après la chute en 2014 d’un navire dans la rivière Nzozia ayant tué les 11 personnes à bord. L’édifice en phase de finition, devait être livré aux riverains avant la fin du mois de juillet.

Source: wikipedia.org

Du grain à moudre pour l’opposition

Et pourtant, lors de la visite de chantier du président kenyan dans le comté de Busia, rien ne présageait d’un tel dégât. Ironie du sort, une pancarte accrochée sur une bannière de l’édifice en construction portait même comme mention « Sécurité, qualité, progrès ». Le pont Sigiri apparaissait donc comme un projet noble et salvateur attirant même au camp présidentiel le ralliement du député local Ababu Namwamba. En effet, cet opposant en lice pour un troisième mandat s’est laissé convaincre par les avantages que ce pont apporterait à sa localité, notamment la réduction du nombre de morts, l’accès aisé aux hôpitaux, écoles et marchés des deux côtés de la rive.

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Evidemment, il n’en faudra pas plus à l’opposition pour trouver les failles dans la gouvernance Kenyatta. Le principal concurrent de Uhuru à l’élection présidentielle Raila Ondiga y va avec une pointe d’humour en déclarant selon l’article intitulé ‘’ Au Kenya, juste avant son inauguration, un pont construit par des chinois s’écroule’’ publié par Le Monde : « C’est un bon signe de la façon dont ils vont chuter ».

La réputation de l’industrie chinoise de construction mise en cause

En dehors du gouvernement Kenyatta, c’est l’ingénierie chinoise qui se trouve au banc des accusés. En effet, le chantier de l’édifice Sigiri était aux mains de l’entreprise Chinese Overseas Construction and Engineering Group. Selon les déclarations de l’un de ses représentants à l’organe de presse écrite kenyan ‘’The Nation’’, « tous les standards et spécifications requises par le commanditaire étaient respectés ». Grand partenaire du Kenya, l’empire du milieu suscite encore une fois par cet incident des interrogations sur la qualité de ses ouvrages en Afrique.

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Ayant l’habitude d’être appâtés par les prix concurrentiels, les pays de l’Afrique subsaharienne doivent dorénavant beaucoup plus insister sur les normes de qualité des bâtiments proposés par les constructeurs.

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