Politique

Tensions au Togo : l’opposition n’espère plus rien des réformes promises par le gouvernement

Manifestant depuis le mois d’aout pour une alternance au pouvoir, l’opposition togolaise ne compte pas lâcher prise même après les annonces de réformes constitutionnelles du gouvernement.

 

Une mobilisation générale pour exiger le départ du régime Gnassingbé

Depuis la seconde moitié du mois d’aout, l’opposition togolaise mène de nouveau la contestation populaire en vue d’exiger des réformes constitutionnelles et le départ du président Faure Gnassingbé au pouvoir depuis le décès de son père Eyadema en 2005. Au menu de leurs revendications, l’opposition togolaise demande un retour à la constitution du 27 septembre 1992 qui limitait le nombre de mandats à deux quinquennats et le scrutin à deux tours. Par ailleurs, l’opposition togolaise exige des réformes pour la prise en compte du vote de la diaspora, pour la réorganisation de la Commission électorale nationale ainsi que le toilettage du fichier électoral.

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A bout de souffle et en manque d’inspiration depuis sa défaite à la présidentielle d’avril 2015, la coalition de l’opposition « Combat pour l’Alternance Pacifique » (CAP 2015) menée par Jean Pierre Fabre retrouve des couleurs en s’alliant dans le cadre de la nouvelle contestation populaire avec le leader du Parti national panafricain (PNP) Tikpi Atchadam.  Ce dernier a été le principal acteur des descentes de l’opposition dans les rue de Lomé et en province les 19 aout, 6 et 7 septembre derniers.

Selon Gilles Yabi ,spécialiste des questions politiques ouest africaines, ces manifestations sont inédites puisqu’il déclare dans l’article ‘’Togo : l’opposition « n’attend rien » des réformes annoncées par le pouvoir’’ publié sur jeuneafrique.com « C’est une mobilisation populaire sans précédent depuis des années ».

Des promesses de réformes auxquelles l’opposition reste indifférente

C’est dans ce climat tendu que le président togolais Faure Gnassingbé a opté pour la carte de l’apaisement en annonçant des réformes constitutionnelles. En effet, à l’issue du conseil des ministres du 05 septembre, le gouvernement togolais a publié un communiqué dans lequel il annonçait un projet de loi relatif à la « limitation des mandats et le mode de scrutin ». Cependant, la limitation à deux mandats présidentiels figurant dans les réformes de ce projet de loi qui devra être étudié par le parlement togolais ne sera pas rétroactive.

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Mais pour l’instant, les manifestants n’en démordent pas. Selon Eric Dupuy, une des figures de la coalition CAP 2015, la réforme promise par le président togolais Faure Gnassingbé n’est que du « dilatoire ». Réagissant sur le sujet, il déclare « Nous n’attendons rien de cela ».

À moins d’un retournement de situation, les prochaines semaines risquent donc d’être très tendues au pays de Faure Gnassingbé.

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