Politique

Sénégal : rentrée du parlement sans Khalifa Sall

La nouvelle assemblée nationale du Sénégal issue des urnes le 30 juillet 2017 a effectué le 14 septembre dernier sa rentrée parlementaire. Mais cette première sortie a été marquée par l’absence du député Khalifa Sall,toujours en détention.

Une absence qui fait débat

C’est un hémicycle majoritairement occupé par la coalition fidèle au président Macky Sall forte de ses 125 députés sur les 165 qui vient de s’installer. L’opposition minoritaire ne compte pas pour autant rester muette et envisage donner de la voix par tous les moyens. Le premier sujet sur lequel les députés de l’opposition sénégalaise se font remarquer dès cette rentrée parlementaire est relatif à l’absence à l’hémicycle de leur collègue Khalifa Sall, incarcéré.

En effet, le député-maire fait l’objet depuis sept mois d’une détention préventive en raison d’accusations de détournements de fonds publics. Dans les rangs de l’opposition, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger une libération de Khalifa Sall qui doit bénéficier de l’immunité parlementaire. Madické Niang, un député du Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade déplore la situation en déclarant à des journalistes de RFI « C’est un grand absent et je regrette son absence. Je pense que la réponse du peuple sénégalais, en élisant Khalifa Sall comme député, est une réponse que le pouvoir, ainsi que la justice, doit prendre en compte ».

VOIR AUSSI  Législatives au Sénégal : large victoire pour le camp présidentiel

Pour Aïssata Tall Sall, une autre figure de l’opposition ayant été avocate de Khalifa Sall, la justice sénégalaise devrait jouer pleinement son rôle en permettant au député maire actuellement incarcéré de siéger au parlement. À ce propos elle déclare dans l’article ‘’Sénégal: rentrée parlementaire sans l’opposant Khalifa Sall toujours en prison’’ publié sur rfi.fr« Les juges auraient dû le laisser venir siéger et accomplir son mandat de député, le mettre sous contrôle judiciaire. C’était bien possible, mais il faut l’intelligence et la générosité pour le faire comprendre ».Quant à Khalifa Sall, il a adressé par le biais de ses avocats une lettre au président de l’Assemblée nationale.

VOIR AUSSI  La BRVM a gagné !

L’arbitrage du parlement sollicité

Ayant échoué devant les juridictions à obtenir la libération de leur client, les avocats de Khalifa Sall ont remis une lettre à la nouvelle législature à travers laquelle ils en appellent à l’arbitrage des élus du peuple pour que le député-maire puisse jouir de l’immunité parlementaire. Ainsi à travers cette lettre dont des parties sont rapportées par Jeune Afrique dans son article ‘’Sénégal : la défense de Khalifa Sall, député-maire emprisonné, saisit l’Assemblée nationale’’ du 15 septembre 2017 on peut lire : «la détention de M. Khalifa Ababacar Sall, a été maintenue alors que la Constitution prévoit expressément que le député est couvert par l’immunité à compter du début de son mandat qui prend effet dès la proclamation des résultats de l’élection législatives ». Pour les avocats défenseurs de Khalifa Sall, il s’agit d’une « violation des dispositions de l’article 61 de la Constitution » qu’ils espèrent corriger avec l’aide du parlement.

Laisser un commentaire