Politique

Kenya : un climat électoral toujours plus tendu

Depuis l’invalidation surprenante de la réélection d’Uhuru Kenyatta, le climat politique au Kenya devient de plus en plus tendu alors que la reprise du scrutin est fixée au 26 octobre.

Les griefs de la Cour suprême contre la Commission électorale

Le mercredi 20 septembre dernier, la Cour suprême kenyane a pendant de longues heures éclairé l’opinion publique sur les irrégularités l’ayant conduite à invalider les résultats du scrutin du 08 aout. Entres autres, la Cour suprême du Kenya reproche à la Commission électorale IEBC, d’avoir proclamé les résultats donnant gagnant Kenyatta sur la base de procès-verbaux « dont l’authenticité était parfois douteuse »selon les propos de la vice-présidente de la juridiction Philomena Mwilu, sans la vérification de l’intégralité des PV des centres de vote.

La Cour reproche également à l’IEBC d’avoir refusé malgré son injonction, l’accès de ses serveurs en vue d’établir si ces derniers ont été piratés comme le suspecte l’opposition. Pour la vice-présidente Mwilu, cette injonction « était une opportunité en or pour l’IEBC de présenter devant la Cour des preuves pour discréditer les affirmations ».

Par ailleurs, les membres de la Cour suprême pointent l’absence de marques d’authentification ou de signatures d’assesseurs sur plusieurs PV ayant été publiés par la Commission électorale après le 11 août.

VOIR AUSSI  Kenya: Coup de tonnerre politique avec l'invalidation de l'élection d’Uhuru Kenyatta

La démission de la Commission électorale réclamée par l’opposition

L’opposition également de son côté continue d’accabler la Commission électorale. La tenant responsable des irrégularités ayant causé l’annulation du vote du 08 aout, les opposants réclament sa démission. En effet, la coalition de l’opposition la NASA, vient de débuter le 26 septembre une semaine de manifestation dans tout le pays pour obliger l’IEBC à la démission. « La manifestation est la seule langue que ces gens comprennent et pour nous, ce ne sera pas un évènement d’une seule journée » déclare en effet Norman Magaya, la secrétaire générale de la coalition dans l’article ‘’ Kenya : l’opposition promet des manifestations de masse jusqu’à la démission de la commission  électorale’’ publié par Jeune Afrique.

VOIR AUSSI  RDC : nouveau report du scrutin présidentiel

La volonté de modification de la loi électorale par le gouvernement

Dans le camp présidentiel, les attaques virulentes contre la Cour suprême n’ont pas cessé. Le président Uhuru Kenyatta qui avait traité les juges d’ « escrocs » dénonçait à nouveau le 21 septembre au cours d’une intervention « un coup d’état mené par quatre personnes dans un tribunal ».

En dehors de ces attaques, le président Kenyatta a introduit des amendements à la loi électorale pour examen par le parlement. Ces amendements qui selon les partisans du parti au pouvoir Jubilee sont destinés à nettoyer les lacunes du système électoral, ont purement été rejetés par l’opposition qui estime qu’ils visent plutôt à rendre légales les irrégularités relevées au cours du dernier scrutin.

Dans cette spirale de tournures peu rassurantes, de grandes incertitudes se présentent quant à la tenue apaisée du scrutin le 26 octobre prochain.

 

 

Laisser un commentaire