Mines et fossiles

Ethiopie : Analyse de la politique d’industrialisation

Depuis des années, l’Ethiopie s’est résolument engagé dans une politique d’industrialisation soutenue afin de booster son développement économique. Mais les résultats restent plombés par des insuffisances structurelles.

Une politique d’industrialisation volontariste

À l’image de certains pays asiatiques comme la Corée du sud,l’Ethiopie met en œuvre une politique volontariste d’industrialisation.Les autorités gouvernementales du pays interviennent dans les pôles de développement en créant les conditions idéales pour le choix des secteurs les plus productifs. La voie de ce modèle économique a été tracée dès 1991 par le gouvernement ayant succédé au régime du Derg. Depuis 2015, le pays est entré dans la mise en œuvre de son second plan de croissance et de transformation structurelle dénommé Growth and Transformation Plan II. Avec ce plan, le gouvernement éthiopien fait le choix de concentrer sa politique industrielle sur trois secteurs majeurs que sont le textile, les cuirs et articles en cuirs et l’agroalimentaire. Comme stratégie, le gouvernement Ethiopien a adopté un certain nombre de mesures fiscales et non fiscales afin de faciliter les exportations et drainer plus d’investissements directs à l’étranger.

VOIR AUSSI  Ethiopie : Yoadan Tilahun fait la difference

Des résultats peu probants

En dépit des efforts d’industrialisation menés par l’Ethiopie, les résultats de la politique volontariste restent limités. En effet, les chercheurs de l’Ethiopian Developement  Research avancent dans le cadre d’études menées sur la question que la part de l’industrie manufacturière au PIB n’est que de 5% environ et non 8% comme souhaité par le Growth and Transformation Plan. C’est un taux bien loin de la moyenne en Afrique subsaharienne comprise en 8 et 10%.

Quant au coût unitaire du travail, le géant de l’Est reste moins compétitif que d’autres pays comme le Botswana où on note comparativement une productivité plus exponentielle que les salaires. De telles insuffisances s’expliquent par le manque d’investissement au niveau des infrastructures basiques et services élémentaires. Les associations professionnelles ne manquent pas d’attirer l’attention sur ces faiblesses en relavant les failles au niveau des infrastructures, de la qualification de la main d’œuvre et de la qualité des matières premières.

VOIR AUSSI  Horizon 2020 : où investir en Afrique ?

Les mesures d’incitation (fiscales ou non) prises par l’Etat pour pallier les insuffisances structurelles ne parviennent pas à combler les attentes. En fin de compte, elles s’avèrent plutôt très coûteuses et empêchent l’Ethiopie de se concentrer sur l’investissement en biens publics réclamés par les entreprises.

Un problème de motivation au niveau des agents pivots

Il se pose alors la question de savoir si ces insuffisances sont le fait d’une mauvaise conception des stratégies ou d’une application inappropriée. En attendant plus de clarté sur cette interrogation, une enquête menée auprès de 135 acteurs pivots des ministères sectoriels concernés par la politique d’industrialisation montre que le défaut des motivations salariales et non salariales est un sérieux handicap aux bonnes avancées. 44% des agents concernés considèrent le secteur public en Ethiopie comme la pire des alternatives professionnelles.

 

Laisser un commentaire