Politique

Afrique centrale: Libre circulation des personnes enfin actée

L’accord de 2013 portant libre circulation des personnes en Afrique centrale vient d’être signé par tous les Etas membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Il s’agit d’un acte à portée historique venant couronner plus d’une quinzaine d’années de négociations laborieuses.

Une décision attendue depuis 45 ans

C’est en sommet extraordinaire tenu dans la capitale tchadienne Ndjamena que les Chefs d’Etat de la CEMAC ont pris la décision de permettre à la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale (BDEAC) le débloquement de la somme de 1,7 milliards de francs pour « accompagner l’application de la libre circulation ».

La problématique de la libre circulation des personnes en Afrique centrale était une préoccupation pour les dirigeants depuis les années 70. En effet, l’ancêtre de la CEMAC l’avait déjà adopté comme acte sans qu’il ne soit effectif. En 2000 à l’avènement de la CEMAC, l’idée de création d’un « passeport CEMAC » avait circulé dans les débats mais n’a jamais été au-delà des simples discussions.

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Les années suivantes, les négociations se sont poursuivies entres les Etats membres de la CEMAC mais la libre circulation des personnes s’est toujours heurtée au refus des dirigeants de la Guinée équatoriale et du Gabon. Étant des pays pétroliers à faibles peuplements et à croissances économiques prospères, ces deux nations craignant une immigration incontrôlable se sont toujours opposées au projet.

Mais à fin octobre, les choses ont évolué au point où la Guinée équatoriale, le Congo, le Gabon et la Centrafrique ont entériné le processus de suppression de visas pour les citoyens de l’espace CEMAC.

Des craintes à dissiper

Cependant, certains doutes demeurent quant à l’application effective de cette décision. Pour rappel, la CEMAC qui est une institution sous régionale créée à Malabo en 2000 a souvent du mal à mettre en œuvre les dispositifs d’intégration économique et monétaire. Par le passé, cette institution qui regroupe le Gabon, le Cameroun, le Congo, la Centrafrique, le Tchad et la Guinée équatoriale a déjà annoncé des chantiers similaires sans avoir la force de conduire leurs processus jusqu’au bout. À titre d’exemple, on peut citer la création de la compagnie commune de transport aérien Air Cémac, ainsi que le passeport qui n’ont jamais vu le jour.

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Pour l’heure, la réussite de ce projet qui vient d’être acté dépend de « la mise en place d’instruments biométriques, la coordination des services de police et de sécurité des Etats de la sous-région et le respect de la réglementation du travail » selon les explications du porte-parole du gouvernement gabonais Alain-Claude Bilie By Nze dans l’article ‘’Cemac : la libre circulation des personnes enfin actée en Afrique centrale’’ publié par Jeune Afrique le 01er novembre 2017.

Seule une réelle détermination des chefs d’Etats de l’Afrique centrale pourra œuvrer en faveur de l’effectivité de cette mesure.

 

 

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