Politique

Togo : vers un retrait de l’opposant historique Gilchrist Olympio

Grand opposant historique ayant combattu les régimes successifs de Gnassingbé père et fils, Gilchrist Olympio vient d’opérer son retrait de la scène politique togolaise. Comme ultime requête, le leader politique qui avait signé un accord avec le parti présidentiel demande « un retour aux fondamentaux de la Constitution de 1992 ».

Le flambeau à la jeune génération

C’est le 28 novembre 2017 qu’est tombée la nouvelle de la retraite politique de Gilchrist Olympio âgé de 80 ans après un demi-siècle de luttes acharnées contre les régimes du feu président Eyadema Gnassingbé et de son fils Faure Gnassingbé. Considéré comme un mini coup de tonnerre, cette annonce de retrait est motivée par la volonté de l’opposant de passer la main de la lutte à la jeune génération. « L’avenir de l’UFC, de la contestation politique, et du Togo, devront demain être imaginés et poursuivis par des jeunes hommes et femmes de moins de 80 ans » a en effet admis Gilchrist, fils du premier président togolais Sylvanus Olympio abattu lors du coup d’état du 13 janvier 1963.

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Un bilan peu satisfaisant de l’accord de rapprochement avec le RPT

Très présent dans les négociations en coulisses pour la résolution de la tension politique qui ébranle le Togo depuis plusieurs mois, le leader historique de l’Union des forces de changement (UFC) a surpris l’opinion publique aussi bien par l’annonce de sa retraite politique que par le bilan de l’accord qui l’a rapproché de l’ancien parti présidentiel le Rassemblement du peuple togolais (RPT).

Grâce à cet accord intervenu en 2010, des membres de l’UFC ont pu intégrer le gouvernement de Faure Gnassingbé. Faisant un tour d’horizon du bilan dudit accord, Olympio rappelle que les concessions exigées au temps de la signature de cet accord sont encore les mêmes doléances réclamées par les manifestants. C’est donc l’air déçu que Gilchrist Olympio admet que « les termes de cet accord ne sont pas entièrement réalisés ».

Les dernières requêtes

Comme un patriarche livrant ses dernières volontés, Gilchrist Olympio a exhorté l’opposition togolaise à ne pas s’engloutir dans les méandres de la violence. En effet, il déclare « Nous devons avoir le courage de dénoncer fermement les incitations à la haine véhiculées à travers les réseaux sociaux, de même que les actes de violence qui ont été commis au cours des manifestations ». Et pour une sortie de crise, le leader charismatique de l’opposition togolaise qui a affronté feu Eyadema aux élections de 1998 préconise « un retour aux fondamentaux de la Constitution de 1992 ». Allant plus loin, il invite le président Faure à« Ne pas se représenter à la présidentielle de 2020, afin de laisser le champ libre à une consultation démocratique libre ».

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Il serait difficile d’espérer que la classe politique puisse écouter l’octogénaire Olympio car l’opposant historique dont le parti UFC ne compte que deux députés au parlement a perdu son influence d’antan.

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