Politique

Suite au scandale libyen de l’esclavage, l’immigration au cœur des débats au sommet UA-UE

Au lendemain des affreuses images de migrants africains cédés comme esclaves en Libye ayant fait le tour du monde, les dirigeants africains et européens ont été saisis d’une stupeur générale. En effet, c’est ce qu’on ressent au regard des discussions ayant meublé l’ouverture du sommet UA-UE ayant eu lieu les 29 et 30 novembre 2017 dans la capitale ivoirienne.

Une actualité condamnée d’entrée par le président du pays hôte

C’est en premier lieu le chef d’état ivoirien qui a attiré  l’attention  de l’assemblée sur les horreurs humaines qui se déroulent en Libye. Etant président du pays hôte du sommet, c’est à lui qu’est revenu l’honneur de présenter l’allocution d’entrée. Ainsi, au cours de son discours introductif, Alassane Dramane Ouattara n’a pas manqué d’appeler l’Union africaine et sa consœur l’Union européenne « à mettre fin aux traitements inhumains en Libye ». Dénonçant une « situation totalement inacceptable qui nous rappelle les pires heures de l’histoire de l’humanité », le chef d’état de la Côte d’Ivoire a sollicité l’aide des dirigeants de l’Afrique et de l’Europe afin d’« intensifier les efforts pour démanteler les réseaux des passeurs ».

Une indignation générale

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est également intéressé à la question en déclarant au cours de son intervention « Tous les pays ont le droit et l’obligation de gérer leurs frontières dans le respect des conventions internationales et des droits des migrants ». Quant au président du Parlement de l’Union africaine Roger Nkodo, il a pour sa part souhaité la tenue d’une « enquête internationale pour crime contre l’humanité ».

En ce qui concerne le président en exercice de l’Union africaine, le chef d’état guinéen Alpha Condé, ce dernier s’indigne de ces faits qu’il juge « intolérables » avant d’exhorter la communauté internationale à réagir ardemment avec des « mesures fermes ».

De son côté, le président ghanéen Nana kuffo-Addo avait déjà condamné cette actualité sur Twitter en dénonçant des « violations graves et scandaleuses des droits humains ». Selon le président du Ghana, de tels actes mettent à mal la solidarité des nations africaines en ridiculisant l’institution d’intégration africaine dont fait pourtant partie la Libye.

Des discussions houleuses en coulisse en prélude au communiqué final

Outre ces nombreuses indignations, la question de la pratique de l’esclavage en Libye a fait l’objet de débats houleux lors des échanges à huis-clos entre les ambassadeurs et ministres des affaires étrangères présents. D’après les sources de la revue Jeune Afrique, les états comme l’Egypte et la Lybie se seraient prononcés contre une condamnation trop énergique du drame en communiqué final de la conférence. Toutefois, les plénipotentiaires des Etats présents à Abidjan ont pu trouver un compromis au moyen duquel le communiqué final condamne les pratiques du genre tout en apportant un encouragement à la Lybie pour l’éradication de ce fléau.

 

 

 

 

 

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