Politique

Tunisie : vers un divorce entre Ennahdha et Nidaa Tounes ?

Les relations entre les deux grandes formations de l’arène politique tunisienne semblent aborder le virage du divorce. En effet, plus rien ne va entre les deux partis politiques au point où la composante politique d’Hafedh Caïd Essebsi considère à quelques mois des prochaines municipales que les islamistes ne sont plus ses alliés mais désormais ses concurrents.

Une déclaration de rupture

C’est au cours d’une réunion politique relative à l’organisation des prochaines élections municipales du 06 mai 2018 que le parti au pouvoir Nidaa Tounes a annoncé la fin de son alliance avec le parti politique d’Ennahdha. « Nous sortons du consensus pour aller vers une situation concurrentielle avec le mouvement Ennahdha » déclare en effet Borhane Bsaies, chargé des affaires politiques du parti Nidaa Tounes. Selon Mongi Harbaoui, porte-parole du parti au pouvoir, « Il y a une différence entre ces deux partis sur tous les plans, idéologique, politique et économique. Ennahdha est le principal et presque le seul vrai concurrent de Nidaa Tounes. ».

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L’alliance tacite de non-agression qui unissait les deux mouvements politiques depuis 2014 a été rompue en décembre 2017 lorsque le parti présidentiel a perdu des sièges au cours des élections législatives partielles organisées en Allemagne. En effet, Nidaa Tounes n’a pas pu remporter le scrutin, ni réussir à conserver le siège du secrétaire d’Etat du ministre des affaires étrangères Hatem Ferjani en raison du faible soutien fourni par les islamistes.

Une position ambigüe

Toutefois, la position du parti Nidaa Tounes demeure ambiguë à bien d’égards. Pour les responsables de la formation, l’accord entre les deux partis alliés continue d’exister en ce qui concerne la feuille de route du gouvernement. La séparation entre les principales composantes politiques de la Tunisie ne serait alors pas intégrale. Il s’agit là d’une situation qui suscite certaines interrogations quant à la tournure que prendront les rapports entre Ennahdha et Nidaa Tounes à l’Assemblée nationale.

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À quoi donnera lieu désormais le résultat du vote dans les configurations de l’assemblée ? Pour bon nombre d’observateurs comme Rym Mourali, leader du Mouvement de l’Indépendance Tunisienne, il ne faut pas s’attendre à grand-chose car « La fin de l’alliance n’est effective que si Beji Caïd Essebsi l’exprime clairement et qu’elle aboutisse à une rupture du consensus gouvernemental ».

Silence radio chez les islamistes

Du côté des islamistes, aucune déclaration ou commentaire n’a encore été fait en réponse au souhait de séparation émis par les responsables de Nidaa Tounes. Pour l’heure, le silence est de mise dans le camp Ennahdha qui préfère consacrer son action autour des manifestations contre les augmentations du coût de la vie.

 

 

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