Politique

Angola : Lourenço fait son grand ménage

Alors qu’il était perçu par une partie de l’opinion publique comme le président qui serait aux ordres de la dynastie dos Santos, le nouvel homme fort d’Angola Joao Lourenço prend tout le monde à contre-pied en se débarrassant depuis sa prise de pouvoir des proches de l’ancien président Jose Eduardo dos Santos. En à peine cent jours de règne, il a déjà écarté la fille et le fils du clan de son prédécesseur.

Une purge anti dos Santos

Depuis son avènement au pouvoir après sa victoire lors du scrutin d’aout 2017, Joao Lourenço s’est lancé dans une vaste opération de ménage au sein des différentes institutions et sociétés publiques afin d’en écarter les cadres fidèles au régime de son prédécesseur. Il s’agit surtout de réaménager les différentes instances du pouvoir à sa guise en mettant « de côté toutes les personnalités sur lesquelles il n’a pas de contrôle », comme l’explique le spécialiste de l’Institut français pour les relations internationales Benjamin Augé dans les lignes de l’article ‘’Angola : la purge anti-Dos Santos se poursuit’’publié sur le site de Jeune Afrique.

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Dans son coup de balai, Joao Lourenço n’hésite pas à mettre à la touche, les figures aussi importantes du défunt régime que sont les enfants de José Eduardo dos Santos. En effet, le nouveau président angolais a évincé en novembre 2017 la fille de son prédécesseur Isabel dos Santos de l’entreprise publique pétrolière Sonangol, et vient de limoger le frère de cette dernière Jose Filomeno du fonds d’investissement souverain. Ces deux enfants de l’ex chef d’état angolais représentaient l’immense empire économique et politique érigé par leur père durant les 38 ans qu’aura duré son règne.

Des réactions au sein de l’ancienne famille présidentielle

Selon la presse locale, il serait reproché à Isabel dos Santos des mouvements de fonds de la Sonangol jugés « suspects », alors que son frère Jose Filomeno surnommé « Zenu » est suspecté dans le scandale des « ParadisePapers ».

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À en croire Isabel dos Santos, femme la plus riche du continent selon le magazine Forbes, ces accusations seraient l’objet d’une « campagne de diffamation » et de « fausses nouvelles. »

Quant à l’ancien président José Eduardo dos Santos, toujours à la tête du parti présidentiel Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), il n’a pas manifesté une quelconque opposition aux changements en cours. Dans l’une de ses rares déclarations publiques depuis son départ du pouvoir, il apprécie la dynamique de son successeur en disant « Les changements sont nécessaires mais ne devraient pas être aussi radicaux ».

Pour l’opposition qui salue la démarche, le président Joao Lourenço doit accompagner ces limogeages de poursuites pénales. En effet, d’après Lindo Bernardo Tito, vice-président du parti d’opposition la Casa-CE, « le président doit ordonner sans délai des enquêtes judiciaires ».

Seulement, Joao Lourenço ira-t-il réellement jusqu’à une telle extrémité ? Seul Le déroulement des futurs évènements nous édifiera.

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