Politique

Guinée-Bissau : démission du Premier ministre Embalo

En Guinée Bissau, l’actualité politique vient de prendre un virage inattendu. En effet, le premier ministre Umaro Sissoco Embalo vient de déposer sa démission au président de la république José Mario Vaz. Par cet acte, le titulaire de la primature espère calmer la crise politique qui secoue le pays depuis que le parti au pouvoir réclame son départ du gouvernement.

Une démission qui accentue la crise politique

La Guinée-Bissau est confrontée à une profonde crise politique qui dure depuis plus de deux ans. Tout a commencé en aout 2015 lorsque que le président Vaz a destitué son premier ministre d’alors, Domingos Simones Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation politique de laquelle fait partie aussi Vaz.

Ayant pris les rênes de la primature bissau-guinéenne en décembre 2016, Umaro Sissoco Embalo vient de déposer sa lettre de démission au président de la république, selon les confidences d’une source de la présidence relayées par Jeune Afrique.

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Questionné à propos par l’AFP, le principal concerné a indiqué le samedi 13 janvier 2018 : « Depuis la semaine dernière, j’ai envoyé une lettre en ce sens au président de la République ». Donnant les raisons qui l’ont poussé à ce choix extrême, Embalo déclara : « Je ne suis pas quelqu’un qui s’accroche au pouvoir. Si le président ne me fait pas confiance, je n’attendrai pas d’être limogé, je partirai ».

La médiation de la CEDEAO et l’intervention de l’ONU

Au cours du dernier sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’organisation d’intégration sous régionale a à nouveau exhorté les protagonistes de cette crise à mettre tout en œuvre dans le but de parvenir à la conclusion d’un accord prenant en compte les intérêts des deux parties sous peine de sanctions.

Pour rappel, Vaz et Pereira se rejettent l’un à l’autre les responsabilités du blocage politique actuel qui fait entrave à la mise en œuvre de l’accord de paix négocié à Conakry en octobre 2016, sous la bienveillance du président guinéen Alpha Condé missionné à l’époque par la CEDEAO.

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Selon l’accord de Conakry, une « procédure consensuelle » a été préconisée pour le choix d’un Premier ministre « ayant la confiance du président » et devant occuper la fonction jusqu’à la tenue des prochaines législatives prévues en 2018.

Par ailleurs, l’ONU à travers son Conseil de sécurité a exigé en septembre 2017 des protagonistes de la tension politique, un véritable dialogue afin de discuter notamment d’une éventuelle révision de la Constitution.

Ayant vu son parti le PAIGC perdre la majorité absolue requise pour le choix du premier ministre suite à la fronde de 15 de ses députés, le président Vaz devra s’allier avec le Parti de la rénovation sociale (PRS) pour désigner son nouveau chef de la primature.

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