Politique

Graça Machel : le combat d’une femme contre le retour de la xénophobie

Graça Machel, veuve de l’ancien président Nelson Mandela, revient sur le devant de la scène dans une lutte qu’elle a toujours connue, la xénophobie.

Une enfance teintée de quête identitaire

La vie n’a jamais été facile pour Graça Machel. Fille de paysans dans la province de Gaza au Mozambique portugais, elle a su tirer profit des bourses qu’on lui a attribuées dans sa jeunesse pour bâtir solidement son éducation et s’offrir de meilleures perspectives d’avenir. L’occupation coloniale de son pays l’a préoccupée très jeune, d’autant plus qu’elle était la seule élève noire de sa classe.

Après un engagement aux côtés du Front de libération du Mozambique, qui mène la guerre d’indépendance, elle fêtera la victoire aux côtés de Samora Machel, premier président de la République populaire du Mozambique, qui deviendra son époux la même année. Diplômée en droit et maîtrisant 6 langues parfaitement, elle occupera entre 1975 et 1989 le poste de ministre de la Culture et de l’Education. Elle prendra aussi des engagements humanitaires en ce qui concerne les droits de l’enfant.

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Graça Machel: une femme libre et indépendante

graca machel continent noir 2Graça Machel est une femme libre et indépendante. Même si elle fut l’épouse de Nelson Mandela en 1998 en seconde noces, elle n’est pas une femme qui vit dans l’ombre des hommes. Elle possédait déjà des participations dans un fonds d’investissement au Mozambique bien avant sa rencontre avec le défunt président et reste très humble quant à sa relation avec lui.

Les Sud-Africains apprécient sa modestie et comment elle a su affronter avec dignité la mort de son mari, restant à son chevet jusqu’à la fin de ses jours. Nelson Mandela lui-même avait envoyé une lettre de condoléances à Graça, quand elle a perdu son premier mari Samora Michel dans un crash aérien. Elle lui avait répondu: « De votre vaste prison, vous m’avez envoyé un rayon de soleil dans mes heures les plus sombres. »

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La lutte contre la xénophobie: combat d’hier et combat d’aujourd’hui

En 2015, Graça Machel entend se battre contre la montée de la xénophobie en Afrique du Sud. Depuis le début d’avril, le pays est le théâtre d’une nouvelle vague de violences xénophobes contre des migrants africains. Un Mozambicain avait été poignardé en pleine rue le 18 avril. « Je tiens à affirmer que — parce qu’il y a des gens dans ce pays qui demandent si ces attaques sont xénophobes ou non — oui, elles sont xénophobes »(source).

Graça Machel, dans le même sens que le président Jacob Zuma, invite les pays africains à améliorer leur situation économique et politique, afin d’assurer un avenir meilleur aux immigrés et ainsi éviter les déplacements de population.

Photos : wikipedia.de et nydailynews.com

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