Politique

Kenya : doit-on s’inquiéter pour la tenue des prochaines élections générales ?

 

Au Kenya, la classe politique et le corps électoral se préparent pour les élections générales devant se tenir le 08 aout prochain. Outre la désignation du prochain président, le Kenya élira à cette date ses nouveaux représentants ainsi que ses gouverneurs et autorités locales. Mais une série d’évènements intervenus ces derniers jours au pays de Jomo Kenyatta laisse planer de sérieuses inquiétudes quant à l’effectivité du scrutin.

L’annulation du contrat d’impression des bulletins

Raila Odinga (Source:buzzkenya.com)

À un mois de la tenue des élections générales au Kenya, la Haute Cour de justice annonce l’annulation du contrat passé par la Commission électorale indépendante (IEBC) et la société Al-Ghurair de Dubaï ayant pour objet l’impression des bulletins de vote. Cette décision inquiétante de la cour est motivée par le fait que la commission électorale n’ait pas assez consulté l’ensemble des candidats avant de procéder à l’attribution d’un marché important portant sur plus de 20 millions d’euros.

La nouvelle semble faire les affaires de l’opposition qui soulevait des doutes sur la transparence de l’attribution de ce contrat. En effet, Raila Odinga, candidat de la coalition Super alliance nationale (NASA) craignait que le choix de l’imprimeur jugé proche du président Uhuru Kenyatta candidat du parti Jubilee, ne soit une manœuvre du camp présidentiel pour frauder aux élections.

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Des craintes de report du scrutin

Cette décision de la Haute Cour de justice a des allures de camouflet pour la commission électorale dont l’un des responsables Andrew Limo, a déclaré dans l’article ‘’Au Kenya, sérieuses inquiétudes sur la tenue des élections générale du 08 août’’ publié sur lemonde.fr : « La décision de la Haute Cour n’est pas claire. Nous ne comprenons pas ce que les juges entendent par un supposé ‘’manque de consultation’’. Mais le calendrier est formel. Les bulletins doivent être imprimés le 18 juillet, pas plus tard. ».

N’envisageant pas rebrousser chemin dans le calendrier actuel d’impressions des bulletins et reporter le scrutin, l’IEBC a organisé une rencontre de travail avec l’ensemble des candidats à la présidentielle. Elle a également décidé de faire appel de la décision de la Haute Cour de justice.

Toutefois, il serait impossible d’organiser les prochaines consultations électorales dans les délais si l’IEBC perdait cet appel. En effet, elle n’aurait plus assez de temps pour sélectionner un autre entrepreneur et procéder à la réalisation des nouveaux bulletins de vote. C’est ce qu’explique Nic Cheeseman professeur à l’université de Birmingham et spécialiste du dispositif électoral kenyan en disant :« Il faut deux à trois semaines minimum pour imprimer, vérifier et distribuer les millions de bulletins aux bureaux de vote du pays ».

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Le décès du Ministre de l’intérieur

Outre la décision de la Haute Cour de justice du Kenya, c’est le décès du ministre de l’intérieur M. Nkaissery intervenu le 08 juillet dernier qui augmente les inquiétudes sur l’effectivité du prochain scrutin. Autoritaire et respecté, le défunt ministre était un ancien général qui avait réussi à sécuriser la corne de l’Afrique en la libérant depuis sa prise de fonction en 2014 des nombreux attentats l’ayant régulièrement ébranlée par le passé à l’instar de l’attaque de Westgate en 2013. Son décès entretient le doute sur la capacité du Kenya à gérer d’éventuelles crises post électorales quand on se souvient des violents affrontements issus des contestations du scrutin de 2007.

Pour éviter un chaos, la classe politique doit redoubler de vigilance, trouver un consensus et œuvrer en faveur d’un scrutin apaisé, même si cela nécessite un report.

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