Politique

Sénégal : la campagne pour les prochaines législatives est en marche

Lancée le 09 juillet dernier, la campagne électorale des législatives sénégalaises du 30 juillet 2017 est inédite car marquée par le retour de l’ancien président Abdoulaye Wade dans l’arène politique.Par ailleurs, le scrutin considéré comme un véritable test de préparation de la présidentielle de 2019 verra l’assemblée sénégalaise augmenter de sièges.

Le retour du « Gorgui » Wade pour conduire une liste d’opposition

Ayant régné sur le Sénégal de 2000 à 2012, l’ex-président Abdoulaye Wade s’apprête à conduire à l’âge de 91 ans une liste d’opposition pour le prochain scrutin électoral. Il s’agit de la liste « Wattu Sénégal » qui réunit le principal parti d’opposition ? le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade ainsi que ses principaux alliés.
Très attendu par ses partisans, Abdoulaye Wade qui résidait à Versailles en France depuis 2012 a déclaré sur une chaîne privée locale « je ferais campagne mais pas de la même manière que quand j’étais jeune » selon l’article de jeuneafrique.com titré ‘’Sénégal : coup d’envoi de la campagne des législatives’’ du 09/07/17.

De retour à Dakar le 17 juillet, Abdoulaye Wade a été accueilli par des milliers de partisans massés aux abords de l’aéroport. Prenant très à cœur ce nouveau challenge politique, celui qu’on surnomme « Gorgui » c’est-à-dire le vieux en wolof justifie son come-back sur la scène politique sénégalaise par la volonté de« redresser » le pays qui à en croire ses dires, se trouve dans un état de « déliquescence » depuis l’avènement de Macky Sall.

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Un détenu à la tête d’une autre liste d’opposition

Khalifa Sall (source: rfi.fr)

Outre Abdoulaye Wade et son parti PDS, l’autre figure de l’opposition qui suscite les curiosités des législative de 2017 est le maire de Dakar Khalifa Sall actuellement en prison depuis mars pour un présumé détournement de fonds publics. Il est notamment reproché à Khalifa Sall des dépenses « non justifiées » de plus de 2,7 millions d’euros puisées dans les réserves de la caisse de la mairie qu’il dirige selon la justice sénégalaise.

Annoncé comme probable challenger de Macky Sall pour le prochain scrutin présidentiel de 2019, les partisans de ce dernier considèrent son emprisonnement comme un coup politique afin de l’empêcher de briguer le fauteuil présidentiel.Ne comptant pas rester en marge de la bataille des législatives, Khalifa a déposé une requête de liberté provisoire devant la justice afin de pouvoir battre campagne comme tête de liste de « MankooTaxawu Sénégal ».

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Les législatives de tous les enjeux pour le camp présidentiel

Dans le camp présidentiel, l’élection du 30 juillet est perçue comme un véritable test de représentativité en vue du scrutin présidentiel de 2019. L’enjeu est de taille puisque le verdict pourrait imposer une cohabitation au président en exercice s’il s’avère que son parti perdait la majorité.Pour l’heure, la confiance reste de mise face à l’implosion de l’opposition incapable de fédérer une liste pour faire bloc.

Ainsi, les candidats de la coalition « Benno Bokk Yakaar » (BBY) n’hésitent pas à brandir les réalisations du président Macky Sall dans les secteurs de l’économie, du social et des infrastructures comme arguments de campagne.Devant prendre fin le 28 juillet, cette campagne électorale déterminera certainement l’issue du vote du 30 juillet après lequel le nombre de députés sénégalais passera de 150 à 165. Cette augmentation de sièges fait partie des mesures de la réforme constitutionnelle de mars 2016 permettant la création de nouveaux sièges pour la diaspora.

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