Politique

Angola : l’après dos Santos divise déjà les camps

A la tête de l’Angola depuis 1979, José Eduardo dos Santos vient d’acter le début de sa succession par le choix de son dauphin en la personne de Joao Lourenço son ministre de la défense. Mais celui qui doit conduire le MPLA aux prochaines législatives suscite des remous.

Un successeur vierge de tout scandale

Le choix du ministre de la défense par dos Santos pour lui succéder est l’aboutissement d’un processus de longue date. En premier lieu, dos Santos a tenté d’imposer selon l’opinion publique angolaise, son vice-président Manuel Vicente ayant dirigé pendant longtemps la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Mais avec l’accusation par la justice angolaise qui le soupçonne d’avoir corrompu un procureur, l’ex patron de la Sonangol discrédité a été écarté.

Ne voulant pas faire de sa succession une affaire de dynastie, le président angolais ne songe pas à l’idée de confier le pouvoir à sa fille Isabel, la femme la plus riche d’Afrique qui gère le pétrole du pays ni à son fils José Filomeno qui gère le fonds souverain angolais. C’est alors qu’il porte son choix en décembre 2016 sur un outsider moins connu certes, mais épargné de tout soupçon de malversation ou corruption : Joao Lourenço. Agé de 63 ans, le ministre de la défense semble réunir les qualités du profil recherché par dos Santos pour le job.

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Des dissidences au sein du MPLA

Au sein du MPLA, de profondes dissidences naissent toutefois sur la question de la succession dos Santos. En témoignent les divisions entretenues par deux frondeurs et pas des moindres. En effet, la députée Irène Neto, fille d’Agostinho Neto père de l’indépendance angolaise et le diplomate Ambrosio Lukoki, ancien idéologue du régime Neto, n’hésitent pas à afficher publiquement leur désaccord avec le choix du candidat du MPLA. Au sein du vieux parti marxiste, ils essaient habilement de dénoncer l’accumulation de richesses au profit du clan dos Santos.

La perpétuité de dos Santos à travers Lourenço

Joao Lourenço (source: http://www.redeangola.info)

Certains spécialistes de la politique angolaise voient dans le choix du ministre de la défense comme dauphin, la volonté de dos Santos de continuer à tirer les ficelles du pouvoir une fois à la retraite. En effet, c’est l’opinion du journaliste Rafael Marques qui pense que Lourenço est « un général dur du MPLA » dont le choix à la succession n’est qu’un simple « changement de visage » à la direction du parti-Etat.

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Pour l’opposition angolaise, c’est bien José Edouardo dos Santos qui devrait continuer à diriger le pays s’il s’avérait que le MPLA remporte les prochaines élections législatives. C’est ce qui fait dire au principal parti de l’opposition l’UNITA à travers l’article ‘’Angola : l’après-dos Santos divise’’ de Jeune Afrique : « dos Santos continuera de diriger depuis la banquette arrière, même s’il a engagé un nouveau chauffeur ».

Face aux accusations de l’opposition, Joao Lourenço se défend d’être la « petite chose » du président dos Santos en déclarant publiquement selon Jeune Afrique : « Cela fait longtemps que je me prépare à cette fonction et que l’on m’y prépare…Ce qui arrive aujourd’hui n’est que la confirmation de quelque chose qui, en interne et au niveau de la direction du parti, était déjà acquis ».

Qu’il soit ou non un dauphin soumis aux ordres de son mentor, il serait difficile à Joao Lourenço une fois élu de ne pas composer avec le clan dos Santos dont la fille détient les rênes de la principale manne du pays, le pétrole.

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