Politique

RDC : des dizaines d’arrestations lors d’une manifestation nationale contre Kabila

Le 31 juillet dernier en RDC, les congolais ont manifesté un peu partout sur le territoire national afin d’exiger du président Kabila la tenue des élections. Mais, tournant au vinaigre, cette manifestation générale a donné lieu à des dizaines d’arrestations effectuées par les forces de l’ordre. Explications.

Une mobilisation pour la tenue des élections en 2017

Il faut rappeler que la manifestation était l’œuvre du mouvement congolais  « Lutte pour le changement » (Lucha). En effet, c’est ce mouvement qui a appelé tout le peuple congolais à une marche pacifique sur toute l’étendue du territoire afin d’exiger de leur président la tenue des élections avant la fin de l’année en cours.

Selon les termes de l’accord conclu entre la majorité présidentielle et l’opposition congolaise le 31 décembre 2016 après l’expiration du mandat de Kabila, le corps électoral devait se rendre aux urnes avant  fin  2017 pour choisir son président. Se détournant des termes de cet accord, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a déclaré le 07 juillet 2017 qu’il n’était « pas possible » de respecter le délai de ce calendrier électoral.

Coups de matraques et Gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants

Les répressions sont courantes en RDC (source: http://www.courrierinternational.com)

Dans la partie est de la RDC à Goma, c’est plus de 250 manifestants qui ont répondu à l’appel de Lucha dans le cadre de cette mobilisation générale anti Kabila. De nombreuses coalitions ainsi que de hautes sommités de l’opposition comme Moise Katumbi ont soutenu la marche pacifique. Mais dans la capitale du Nord-Kivu comme dans les autres régions du pays, la mobilisation a donné lieu à des affrontements avec la police. Pour repousser les manifestants qui leur envoyaient des jets de pierres, la police n’a pas hésité à user de gaz lacrymogènes. Au final, l’incident s’est soldé par une cinquantaine d’interpellations et arrestations selon les responsables de Lucha.

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À Kinshasa la capitale,lorsque la centaine de manifestants s’est dirigé vers le boulevard Triomphal, elle a été dispersée à coups de matraques et une vingtaines de participants ont été arrêtés. L’association des médias en ligne de la RDC indique quant à elle que sept journalistes ont été interpellés alors qu’ils ne faisaient que couvrir les évènements avant d’être relâchés.

Dans le Sud-Kivu à Bukavu, des incidents ont également été enregistrés dans le cadre de la manifestation anti Kabila. Usant de gaz Lacrymogènes, la police a dispersé les manifestants qui se sont rassemblés sur la place de l’Indépendance. À la fin de cette intervention policière, legrioinfot.com dénombre l’interpellation de 08 manifestants ainsi que l’arrestation de cinq journalistes.

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Des répressions condamnées par Amnesty International

Ayant déploré les incidents, Amnesty International a vivement réagi en déclarant comme nous informe l’article ‘’RDC : DE NOUVELLES ARRESTATIONS LORS DES MANIFESTATIONS ANTI-KABILA’’publié sur afri-centrale.fr :« Toutes les personnes, y compris les journalistes, arrêtées dans le cadre de ces manifestations pacifiques doivent immédiatement et sans condition être libérées ».

Dans son communiqué relayé par l’article ‘’Nombreuses arrestations en RDC lors des manifestations anti-Kabila’’ sur voaafrique.com, l’organisation de défense des droits de l’homme déclare : « la RDC se trouve dans un processus politique et électoral crucial pour son avenir, les autorités doivent s’abstenir de telles violations répétées du droit de tous les Congolais d’exprimer leurs opinions, même critiques envers le gouvernement, y compris à travers des manifestations pacifiques ».

Déplorable, cette situation accentue la crise politique profonde dans laquelle se trouve engluée la RDC depuis des mois.

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